• Puisse toute chose dite habituelle vous inquiéter.

    Vous avez vu un événement ordinaire.
    Un événement comme il s’en produit chaque jour.
    Et, cependant, nous vous en prions,
    Sous le familier, découvrez l’insolite,
    Sous le quotidien, décelez l’inexplicable,
    Puisse toute chose dite habituelle vous inquiéter.

    Bertolt Brecht

  • Un type adorable

    Solange : J’ai rencontré l’homme de ma vie !
    Delphine : Où ça ?
    Solange : Dans la rue.

    Je rentrais de l’école et je traînais Boubou
    Qui trépignait, pestait, jurait comme un voyou
    Au milieu de la rue, il me fait un caprice
    Et jette son cartable dans les immondices !

    Me voilà à genoux, cernée par les vélos
    Recherchant les cahiers, les crayons, les stylos
    Répandus çà et là, lorsqu’une voix aimable
    Me fait lever les yeux vers un type adorable !

    Comme un souffle grisant, sa voix à mon oreille
    Chante, fredonne et joue comme un envol d’abeilles
    Je croise son regard et son regard me toise
    Je suis émerveillée
    Puis je reste pantoise

    Brun comme je les aime, un air intelligent
    Un sourire incertain, quelques mèches d’argent
    Dans une chevelure de pâtre ou de poète
    Un concerto sublime éclate dans ma tête !

    Son doux regard au mien s’oppose longuement
    Ensorcelés tous deux par un enchantement
    Boubou attend toujours, autos, vélos défilent
    Et le temps, lentement
    Perpétue notre idylle

    Mais il me faut partir et mon coeur se résigne
    Car mon bel inconnu du départ donne le signe
    Il se lève et sa voix émue me dit en face
    Votre combinaison, le saviez-vous, dépasse
    Ce fut tout

    Delphine et Solange : Est-il près, est-il loin, est-il à Rochefort ?
    Je le retrouverai, car je sais qu’il existe
    Bien plus que la raison, le coeur est le plus fort
    À son ordre, à sa loi, personne ne résiste
    Et je n’y résisterai pas

    Les Demoiselles de Rochefort, Jacques Demy / Michel Legrand

  • Do you have me?

    Mozart: Start with voices. Basses first. Second beat of the first…
    Salieri: Time? Time?
    Mozart: Common time. On A. Confutatis. Second measure, second beat. Maledictis. You see?
    Salieri: Yes, yes. D-sharp?
    Mozart: Of course. Second beat of the third measure, on E. Flammis acribus addictis, rest, maledictis, flammis acribus addictis. Do you have me?
    Salieri: I think so.
    Mozart: Show me!

    Confutatis
    Maledictis
    Flammis acribus addictis
    Maledictis
    Flammis acribus addictis

    Mozart: Good. Good. Now the tenors. Fourth beat of the first measure. On C. Confutatis. Second measure. Fourth beat. D. Maledictis. Alright?
    Salieri: Yes, yes, continue!
    Mozart: Second beat of the fourth measure, on F. Flammis acribus addictis. Flammis acribus addictis. Now the orchestra. Second bassoon and bass trombones with the basses. Identical notes and rhythm. First bassoon, tenor trombones, with the tenors.
    Salieri: You go too fast.
    Mozart: Do you have it?
    Salieri: You go too fast!
    Mozart: Do you have it?
    Salieri: First bassoon, then the trombone what?
    Mozart: With the tenors.
    Salieri: Identical?
    Mozart: Of course! The instruments doubling the voices! Now, trumpets and timpani. Trumpets in D.
    Salieri: No, no!
    Mozart: Listen to me!
    Salieri: No, I don’t understand!
    Mozart: Listen! It goes with the harmony!
    Salieri: Yes. Yes, yes. Yes. Yes, I understand. Yes, yes! And that’s all?
    Mozart: No, no. Now for the real fire. Strings in unison. Ostinato on A. Like this! Next measure is rising. Do you have it?
    Salieri: Yes! Yes, yes, I think so!
    Mozart: Show me!
    Salieri: That’s wonderful!
    Mozart: Yes, yes, yes, yes, yes, yes. Go on. Voca me.
    Salieri: Pianissimo?
    Mozart: Yes. “Call me among the blessed”. C major. Sopranos and altos in thirds. Altos on C, sopranos above. Voca voca me. Voca me cum benedictis.
    Salieri: Sopranos up to F on the second voca?
    Mozart: Yes, yes, and on dictis!
    Salieri: Yes!
    Mozart: And underneath, just violins. Arpeggios. Descending scale in eighth notes, and then back to the ostinato again. And that’s it. Do you have it?
    Salieri: You go too fast.
    Mozart: Do you have it?
    Salieri: You go too fast! One moment please! One moment! Yes.
    Mozart: Good! Show me! The whole thing! From the beginning!

    Amadeus, Milos Forman

  • C’était pas une mauvaise idée, de t’épouser.

    Cahit : C’était pas une mauvaise idée, de t’épouser.
    Sibel : C’est ma mère qui m’a appris ça. À propos, elle m’a demandé si on comptait avoir des enfants.
    Cahit : On n’a qu’à en faire.
    Sibel : Si elle insiste, je lui dirai que t’es impuissant. C’est une bonne raison de divorcer. On va au Taksim ce soir ?

    Head-on, Fatih Akin

  • Et lâchez ce crucifix !

    La nuit promet d’être belle
    Car voici qu’au fond du ciel
    Apparaît la lune rousse
    Saisi d’une sainte frousse
    Tout le commun des mortels
    Croit voir le diable à ses trousses
    Valets volages et vulgaires
    Ouvrez mon sarcophage
    Et vous, pages pervers
    Courrez au cimetière
    Prévenez de ma part
    Mes amis nécrophages
    Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages

    Voici mon message :
    Cauchemars, fantômes et squelettes
    Laissez flotter vos idées noires
    Près de la mare aux oubliettes
    Tenue du suaire obligatoire

    Lutins, lucioles, feux-follets,
    Elfes, faunes et farfadets
    Effraient mes grands carnassiers
    Une muse un peu dodue
    Me dit d’un air entendu
    Vous auriez pu vous raser
    Comme je lui fais remarquer
    Deux-trois pendus attablés
    Qui sont venus sans cravate
    (Ah ah, je vous fais remarquer !)
    Elle me lance un œil hagard
    Et vomit sans crier gare
    Quelques vipères écarlates

    Vampires éblouis
    Par de lubriques vestales
    Égéries insatiables
    Chevauchant des Walkyries
    Infernales appétits de frénésies bacchanales
    Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie

    Envoi :
    Satyres joufflus, boucs émissaires
    Gargouilles émues, fières gorgones
    Laissez ma couronne aux sorcières
    Et mes chimères à la licorne

    Soudain les arbres frissonnent
    Car Lucifer en personne
    Fait une courte apparition
    L’air tellement accablé
    Qu’on lui donnerait volontiers
    Le bon Dieu sans confession
    S’il ne laissait, malicieux,
    Courir le bout de sa queue
    Devant ses yeux maléfiques
    Et ne se dressait d’un bond
    Dans un concert de jurons
    Disant d’un ton pathétique
    Que les damnés obscènes, cyniques et corrompus
    Fassent griefs de leur peine à ceux qu’ils ont élus
    Car devant tant de problèmes
    Et de malentendus
    Les dieux et les diables en sont venus à douter d’eux-mêmes
    Oh dédain supreme

    Mais voici déjà que le ciel blanchit
    Esprits je vous remercie
    De m’avoir si bien reçu
    Cocher lugubre et bossu, déposez-moi au manoir
    Et lâchez ce crucifix !
    Décrochez-moi ces gousses d’ail
    Qui déshonorent mon portail
    Et me cherchez sans retard, sans retard
    L’ami qui soigne et guérit
    La folie qui m’accompagne
    Et jamais ne m’a trahi
    Champagne !

    Champagne, Jacques Higelin

  • Mais c’est ce que je fais, je pousse !

    La plus belle chose au monde
    La naissance d’un enfant.
    La joie qui vous inonde
    Le bonheur d’être maman
    La plus belle au chose au monde
    La naissance d’un enfant
    Depuis que la terre est ronde
    Quel précieux moment !

    Mais c’est ce que je fais, je pousse !
    J’fais que ça, pousser !
    Mais c’est ce que je fais, j’veux plus de bébé !
    Rentrons à la maison !
    Mais c’est ce que j’fais, je pousse !
    J’fais que ça, pousser !
    J’ai mal à me taper le ventre contre le mur !
    J’ai changé d’avis, je veux la piqûre !

    La plus belle chose au monde
    La naissance d’un enfant
    La joie qui vous inonde
    Le bonheur d’être maman
    Ce p’tit bout de chou en herbe
    Qui cogne juste pour nous dire
    À coups de pied acerbes
    C’est l’heure, je dois sortir !

    Mais c’est ce que j’fais, je pousse !
    J’fais que ça, pousser !
    Mais c’est ce que je fais, j’veux plus de bébé !
    Rentrons à la maison !
    Mais c’est ce que j’fais, je pousse !
    J’fais que ça, pousser !
    Dilater mon cul, j’vais exploser !
    Tu sors ou je te tue, sale moufflet !
    Mais c’est ce que j’fait, je pousse !
    J’fais que ça, pousser !
    Mais c’est ce que j’fais !

    La plus belle au chose au monde, la naissance d’un enfant
    La joie qui vous innonde, le bonheur d’être maman
    C’est le fruit de l’amour, sous ce beau ventre rond
    Le cri d’un nouveau jour
    Et ainsi font font font
    Les petites marionnettes
    C’est le signe d’un nouveau jour
    Couché dans un berceau
    Il bâille et fait risette
    C’est le signe d’un nouveau jour
    Couché dans un berceau
    Mon dieu qu’il est beau
    Mon dieu qu’il est beau
    Mon dieu qu’il est beau…

    Ouiiiiiiin !

    La Plus Belle Chose au monde, Anaïs

  • Molière a du génie et Christian était beau !

    Cyrano
    Ragueneau, ne pleure pas si fort !
    Qu’est-ce que tu deviens, maintenant, mon confrère ?

    Ragueneau, à travers ses larmes.
    Je suis moucheur de... de... chandelles, chez Molière.

    Cyrano
    Molière !

    Ragueneau
    Mais je veux le quitter, dès demain ;
    Oui, je suis indigné !... Hier, on jouait Scapin,
    Et j’ai vu qu’il vous a pris une scène !

    Le Bret
    Entière !

    Ragueneau
    Oui, Monsieur, le fameux : « Que diable allait-il faire ?... »

    Le Bret, furieux.
    Molière te l'a pris !

    Cyrano
    Chut ! chut ! Il a bien fait !
    La scène, n’est-ce pas, produit beaucoup d’effet ?

    Ragueneau, sanglotant.
    Ah ! Monsieur, on riait ! On riait !

    Cyrano
    Oui, ma vie
    Ce fut d’être celui qui souffle - et qu’on oublie.
    À Roxane.
    Vous souvient-il du soir où Christian vous parla
    Sous le balcon ? Eh bien, toute ma vie est là :
    Pendant que je restais en bas, dans l’ombre noire,
    D’autres montaient cueillir le baiser de la gloire.
    C’est justice, et j’approuve au seuil de mon tombeau :
    Molière a du génie et Christian était beau !

    Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand

  • You’re leading again.

    Labisse: My friends! My friends! Tonight, I am happy and honoured to have with us one of the great entertainers of our time: the toast of Paris, Victor! Perhaps Victor… perhaps Victor will honour us with a song?

    Victor and Toddy: You and me,
    We’re the kind of people other people
    Would like to be.
    Wand’ring free,
    We present the kind of picture
    People are glad to see.

    Toddy: Something I’ve wanted to do all my life!

    Victor and Toddy: And we don’t care that tomorrow
    Comes with no guarantee
    With each other for company.
    And come what may,
    You and me, we’ll stay together

    Toddy: Me harmony.
    Victor: Okay.

    Victor and Toddy: Year after year,
    Won’t we, my dear?
    We’ll always be you and me

    Toddy: Walk this way. Taught him everything he knows.
    Victor: That’s why he has so little left.
    Toddy: Oh, I’ll get you for that!

    Victor and Toddy: You and me…

    Toddy: Very difficult step.
    Victor: Oh, such a fuss!
    Toddy: Oh yeah.

    Victor: Hm… wand’ring free

    Toddy: This way, please!
    Victor: Sorry about that!
    Toddy: Well, that was fun, now what do we do?
    Victor: You got us into this, you get us out.
    Toddy: May I?
    Victor: Oh, I’d be delighted!

    Victor and Toddy: … tomorrow
    Comes with no guarantee

    Victor: You’re leading again!
    Toddy: Oh, I’m sorry!

    Victor and Toddy: With each other for company.
    And come what may,
    You and me, we’ll stay together
    Year after year,
    Won’t we my dear?
    We’ll always be you and me.
    We’ll always be you and me!

    (Labisse : Mes amis ! Mes amis ! Ce soir, j’ai l’honneur et la joie d’accueillir parmi nous l’une des plus grandes vedettes du moment : la coqueluche de Paris, Victor ! Peut-être Victor… peut-être Victor nous fera-t-il l’honneur de nous interpréter une chanson ?

    Victor et Toddy : Toi et moi,
    Nous sommes le genre de couple que les autres
    Voudraient être aussi.
    Libres comme l'air,
    Nous formons un tableau
    Que les gens ont plaisir à voir.

    Toddy : J’ai toujours rêvé de faire ça !

    Victor et Toddy : Et peu nous importe que nos lendemains
    Soient incertains
    Du moment que nous sommes tous les deux.
    Et advienne que pourra,
    Toi et moi, nous resterons ensemble

    Toddy : Je fais l’harmonie.
    Victor : D’accord.

    Victor et Toddy : D’année en année,
    N’est-ce pas, mon chéri ?
    Nous serons toujours toi et moi

    Toddy : Par ici. Je lui ai appris tout ce qu’il sait.
    Victor : C’est pour ça qu’il lui reste si peu.
    Toddy : Oh, je me vengerai !

    Victor et Toddy : Toi et moi…

    Toddy : Attention, très difficile.
    Victor : Tu parles !
    Toddy : Oh oui.

    Victor : Hm… libres comme l'air…

    Toddy : Par ici, s’il te plaît !
    Victor : Pardon.
    Toddy : Bon, on a bien ri. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
    Victor : C’est toi qui nous as mis dans le pétrin, à toi de nous tirer d’affaire !
    Toddy : Puis-je ?
    Victor : Oh, j’en serais ravi !

    Victor et Toddy : … que nos lendemains
    Soient incertains…

    Victor : C’est encore toi qui mènes !
    Toddy : Oh, pardon !

    Victor et Toddy : Du moment que nous sommes tous les deux.
    Et advienne que pourra,
    Toi et moi, nous resterons ensemble
    D’année en année,
    N’est-ce pas, mon chéri ?
    Nous serons toujours toi et moi.
    Nous serons toujours toi et moi !)

    Victor Victoria, Blake Edwards

  • Une merde, là !

    Betty : J’en ai marre, du Duc de Bretagne !
    Henri : Comment tu peux en avoir marre du Duc de Bretagne ? C’est le meilleur restaurant de la région ! Il a une euh… une merde, là !
    Denis : Une étoile, patron.
    Henri : Ouais.

    Un Air de famille, Cédric Klapisch / Agnès Jaoui & Jean-Pierre Bacri

  • Je veux mourir comme Félix Faure.

    Je suis centenaire, mais je suis encore vert
    Pour l’amour, y a pas d’âge, et je suis prêt pour le mariage
    J’ai l’âge d’être grand-père, et même arrière-grand-père
    Je fais semblant d’être sourd, mais je suis prêt pour l’amour

    Je jouis, je jouis, je jouis, c’est inouï
    Je jouis, je jouis, je jouis

    Je suis centenaire, mes dents sont dans un verre
    Voyons, qu’est-ce que je vais prendre ? La viande, si elle est tendre
    La viande avec des frites, ainsi qu’une douzaine d’huîtres
    Une bouteille de Pomerol, et des profiteroles

    Je jouis, je jouis, j’en suis tout ébloui
    Je jouis, je jouis, je jouis

    Je suis centenaire, mais je suis encore vert
    J’ai l’âge d’être arrière, arrière, arrière, arrière
    Mon fils est un vieux schnoque, ma fille est une vieille bique
    Quand je l’embrasse, elle pique, y en a marre des vioques

    Je jouis, je jouis quand j’entendrai le glas, oui
    Je jouirai encore, je veux mourir comme Félix Faure

    Félix, Thomas Fersen

  • Pull in your reel, Mr. Fielding. You’re barking up the wrong fish.

    Osgood: Pardon me, miss. May l?
    Jerry/Daphne: Help yourself.
    Osgood: I’m Osgood Fielding the Third.
    Jerry/Daphne: I’m Cinderella the Second.
    Osgood: lf there’s one thing l admire, it’s a girl with a shapely ankle.
    Jerry/Daphne: Me too. Bye-bye.
    Osgood: Let me carry one of the instruments.
    Jerry/Daphne: Oh, thank you. Aren’t you a sweetheart.
    Osgood: lt certainly is delightful having young blood around here.
    Jerry/Daphne: Well, personally, I’m type O.
    Osgood: You know, I’ve always been fascinated by show business.
    Jerry/Daphne: ls that so?
    Osgood: Yes. As a matter of fact, it’s cost my family quite a bit of money.
    Jerry/Daphne: Oh, you invest in shows?
    Osgood: Showgirls. I’ve been married seven or eight times.
    Jerry/Daphne: You’re not sure?
    Osgood: Mama is keeping score. Frankly, she’s getting rather annoyed with me.
    Jerry/Daphne: l wouldn’t wonder.
    Osgood: So this year, when George White’s Scandals opened, she packed me off to Florida. Right now, she thinks I’m out on my yacht, deep-sea fishing.
    Jerry/Daphne: Well, pull in your reel, Mr. Fielding. You’re barking up the wrong fish.
    Osgood: lf l promise not to be a naughty boy, how about dinner tonight?
    Jerry/Daphne: I’m sorry. I’ll be on the bandstand.
    Osgood: Oh, of course. Which instrument do you play?
    Jerry/Daphne: Bull fiddle.
    Osgood: Oh, fascinating. Do you use a bow, or do you just pluck it?
    Jerry/Daphne: Most of the time, l slap it.
    Osgood: You must be quite a girl.
    Jerry/Daphne: Wanna bet?
    Osgood: My last wife was an acrobatic dancer. You know, sort of a contortionist. She could smoke a cigarette while holding it between her toes. Zowie! But Mama broke it up.
    Jerry/Daphne: Why?
    Osgood: She doesn’t approve of girls who smoke.
    Jerry/Daphne: Bye-bye, Mr Fielding.
    Osgood: Bye-bye?
    Jerry/Daphne: This is where l get off.
    Osgood: Oh, no. No, no, no. You don’t get off that easy. All right, driver. Once around the park, slowly. And keep your eyes on the road.

    Jerry/Daphne: What kind of a girl do you think l am, Mr Fielding?
    Osgood: Oh, please, please! lt won’t happen again.
    Jerry/Daphne: I’ll say.
    Osgood: Please, come back!
    Jerry/Daphne: I’ll walk, thank you.
    Osgood: Oh, please, miss, I... Zowie!

    (Osgood : Excusez-moi, mademoiselle. Puis-je ?
    Jerry/Daphné : Faites-vous plaisir.
    Osgood : Je suis Osgood Fielding III.
    Jerry/Daphné : Et moi, Cendrillon II.
    Osgood : S’il y a une chose que j’admire, c’est une femme aux chevilles bien dessinées.
    Jerry/Daphné : Moi aussi. Au revoir.
    Osgood : Laissez-moi porter un des instruments.
    Jerry/Daphné : Oh, merci. Vous êtes un ange.
    Osgood : Ça fait plaisir de voir arriver tout ce sang neuf.
    Jerry/Daphné : Personnellement, je suis du groupe O.
    Osgood : Vous savez, j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour le show-business.
    Jerry/Daphné : Vraiment ?
    Osgood : Oui. D’ailleurs, ça a coûté assez cher à ma famille.
    Jerry/Daphné : Oh, vous investissez dans l’art ?
    Osgood : Dans les artistes. J’ai été marié sept ou huit fois.
    Jerry/Daphné : Vous n’êtes pas sûr ?
    Osgood : C’est Maman qui tient les comptes. Pour être honnête, elle commence à être un peu contrariée.
    Jerry/Daphné : Ça ne m’étonne pas.
    Osgood : Alors cette année, quand le cabaret a commencé sa saison, elle m’a envoyé en Floride. En ce moment, elle croit que je suis sur mon yacht, à pêcher en haute mer.
    Jerry/Daphné : Ramassez vos filets, M. Fielding. Vous vous trompez de poisson.
    Osgood : Si je promets d’être sage, est-ce que vous dîneriez avec moi ce soir ?
    Jerry/Daphné : Je regrette, je serai sur scène.
    Osgood : Oh, bien sûr. Quel instrument jouez-vous ?
    Jerry/Daphné : La contrebasse.
    Osgood : Fascinant ! Vous utilisez un archet, ou bien vous pincez les cordes ?
    Jerry/Daphné : La plupart du temps, je tape dessus.
    Osgood : Vous devez être une sacrée femme !
    Jerry/Daphné : Vous voulez parier ?
    Osgood : Ma dernière épouse était une acrobate. Vous savez, une contorsionniste. Elle pouvait fumer une cigarette en la tenant entre ses orteils. Mazette ! Mais Maman a rompu.
    Jerry/Daphné : Pourquoi ?
    Osgood : Elle n’aime pas les femmes qui fument.
    Jerry/Daphné : Au revoir, M. Fielding.
    Osgood : Au revoir ?
    Jerry/Daphné : C’est ici que je vous quitte.
    Osgood : Oh, non. Non, non, non. Vous ne me quitterez pas aussi facilement. Chauffeur, faites le tour du parc, lentement. Et concentrez-vous sur la route !

    Jerry/Daphné : Pour quel genre de fille me prenez-vous, M. Fielding?
    Osgood : Oh, je vous en prie ! Ça n’arrivera plus.
    Jerry/Daphné : Je ne vous le fais pas dire !
    Osgood : Revenez, je vous en prie !
    Jerry/Daphné : Je vais prendre les escaliers, merci !
    Osgood : Je vous en prie, mademoiselle, je... Mazette !)

    Some like it hot, Billy Wilder / I. A. L. Diamond

  • Take a fall, butt a wall, split a seam!

    Cosmo: Come on, now, snap out of it. You can’t let little things like this get you down. You’re Don Lockwood, aren’t you? And Don Lockwood’s an actor, isn’t he? Well, what’s the first thing an actor learns? The show must go on! Come rain, come shine, come snow, come sleet, the show must go on! So ridi, pagliacci, ridi!
    Don: Ridi, huh?
    Cosmo: Yeah! Don, the world is so full of a number of things… I’m sure we should all be as happy as… but are we? No. Definitely no! Positively no! Decidedly no! Uh uh. Short people have long faces, and long people have short faces. Big people have little humor, and little people have no humor at all. And in the words of that immortal bard, Samuel J. Snodgrass, as he was about to be led to the guillotine…

    Make ‘em laugh! Make ‘em laugh!
    Don’t you know everyone wants to laugh!
    My dad said “Be an actor, my son
    But be a comical one!
    They’ll be standing in lines
    For those old honky tonk monkeyshines
    Now you could study Shakespeare and be quite elite
    And you can charm the critics and have nothin’ to eat
    Just slip on a banana peel, the world’s at your feet
    Make ‘em laugh! Make ‘em laugh! Make ‘em laugh!

    Make… Make ‘em laugh!
    Don’t you know everyone wants to laugh!
    My grandpa said go out and tell ‘em a joke
    But give it plenty of hoke
    Make ‘em roar, make ‘em scream
    Take a fall, butt a wall, split a seam
    You start off by pretending
    You’re a dancer with grace
    You wiggle till they’re
    Giggling all over the place
    And then you get a great big custard pie in the face
    Make ‘em laugh! Make ‘em laugh! Make ‘em laugh!

    Make ‘em laugh!
    Don’t you know... all the... wants...
    My dad...
    They’ll be standing in lines
    For those old honky tonk monkeyshines…

    Make ‘em laugh! Make ‘em laugh!
    Don’t you know everyone wants…?
    Ah ha ha ha ha ha ha
    Ah ha ha ha ha ha ha
    Ah ha ha ha ha ha ha
    Make ‘em laugh, ah ah!
    Make ‘em laugh, ah ah!
    Make ‘em laugh, ah ah!

    Make ‘em laugh! Make ‘em laugh! Make ‘em laugh!

    “Make ‘em laugh”, Donald O’Connor
    Singin’ in the rain, Stanley Donen

  • Ben, vous êtes gardien de nuit, quoi.

    Georges : Bon, ben voilà, je crois que j’ai une liste d’hôtels assez… minables. Ça devrait mieux correspondre. Alors, allons-y franchement : Hôtel des voyageurs. … des voyageurs. Ah, je suis fatigué, moi ! T’es pas fatiguée, toi ?
    Charlotte : Moi ? Je frise le coma.
    Georges : Héhéhé. Héhéhé. Oui ? Oui ! C’est l’Hôtel des voyageur ? … Excusez-moi, hein, monsieur, je vous réveille, là, certainement… Non ? Pas d… pas du tout ? … Bien… Bon, ben, c’est le princip… Bien… Est-ce que par hasard… Ah mais… Ah mais c’est très, très bien, monsieur, c’est très professionnel. Moi, j’apprécie énor… Ah oui, mais alors moi, alors là, vous tombez bien, parce que moi, je suis… Ah mais… Ah mais, je n’en doute pas une seconde. … Enfin… Enfin, peu importe, moi, ça ne m’aurait pas dérangé du tout que vous dormiez, monsieur, je m’en f… Oui, oui, mais non, non, mais moi, je… ça me… ça me… Eh ben, bravo. Bravo, monsieur. Bravo. … Ouais, ouais. … Ben ouais, je comprends bien, je comprends bien. … Ben, vous êtes gardien de nuit, quoi. … si tout le monde faisait son travail correctement. J’ai bien compris, monsieur, maintenant. Est-ce qu’il vous reste des chambres ? … Une… ben, une chambre. … Ben oui, c’est… c’est un peu pour ça, hein, que j’app… Ben voilà, je me suis dis « Tiens, un hôtel, pourquoi pas, finalement. » … Ouais. Oui, et alors, et donc ? Oui non mais… et… une seule ?... Ah, plus une seule. Bien… bien… ouais… oui, eh ben… ben évidemment que je vais essayer ailleurs, qu’est-ce que vous voulez que je f… ouais, ouais… Oui, ben, vous me l’auriez dit un tout… Allez, c’est pas tout… ben oui, c’est pas tout… Allez, allez… Monsieur, allez, bonne nuit… Oui… Eh oui, allez, bonne nuit.

    Cuisine et dépendances, Philippe Muyl / Agnès Jaoui & Jean-Pierre Bacri