• Quand j'en sors un, j'ai mal pour eux

    La salle s’éteint, et je m’avance
    On crie « À poil ! », un peu de patience
    Je fais d’abord une petite danse…

    On crie qu’on veut me voir toute nue
    Un peu de sérieux, un peu de tenue
    Quand j’en sors un, j’ai mal pour eux
    Quand j’en sors un, ça leur déboîte les yeux

    On désire m’offrir du champagne
    À moi, la fille de la campagne
    Avant, j’m’occupais des cochons
    Et ma belle-mère m’appelait la souillon

    Quand j’en sors un, c’est le Big-bang
    Les types, ça leur allonge la langue
    Ils ont les yeux qui sortent des trous
    Quand j’en sors un, ça leur étire le cou

    On fait venir les millésimes
    Pour moi, la fille de la cuisine
    Avant je curais les chaudrons
    Et ma belle-mère m’appelait Cul-cendron

    Quand j’en sors un, on voit qu’ils aiment
    Mais lorsque je sors le deuxième
    Alors là, c’est l’apothéose
    J’enlève mon pyjama de satin rose

    J’leur met un p’tit pompon au bout
    Et tout le public est debout
    Lorsque je fais l’hélicoptère
    Mais il est temps de redescendre sur terre

    Il ne me reste plus qu’un slip
    Taillé dans la peau d’un moustique
    Ainsi fini mon numéro… !

    « Big-bang », Un coup de queue de vache, Thomas Fersen